Mémoire des victimes
Cette archive nomme les auteurs afin d’expliquer comment les persécutions et les meurtres de masse furent organisés. Elle ne les érige pas en protagonistes à admirer, collectionner ou comparer. Au centre de cette histoire demeurent les millions de personnes dont l’existence, les familles, les foyers, les cultures et les communautés furent attaqués par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs.
Les termes administratifs employés par le régime – réinstallation, évacuation, traitement spécial, opération de sécurité – dissimulaient souvent la dépossession, le travail forcé, la déportation et le meurtre. Nazi Report ne les conserve que lorsqu’ils sont nécessaires à l’interprétation d’une source et explique la violence que ces euphémismes visaient à cacher.
Aucune estimation associée à un profil ne saurait représenter l’expérience des victimes. Une même personne peut apparaître dans la chaîne documentaire d’un ordre relatif à un ghetto, d’un calendrier de déportation, d’un mouvement ferroviaire, d’une sélection et d’un procès d’après-guerre. C’est pourquoi les sept cercles classent le pouvoir et la fonction, au lieu d’établir un classement fondé sur des totaux.
Les lecteurs qui souhaitent poursuivre leurs recherches au-delà de l’archive des auteurs peuvent consulter les collections signalées des musées-mémoriaux, des archives et des instituts de recherche. Elles conservent les témoignages, les dossiers familiaux, les photographies, l’histoire des communautés et les noms des personnes que l’appareil d’occupation tenta d’effacer.
Personnes et communautés visées par les persécutions
Juifs d’Europe
Environ six millions de Juifs – hommes, femmes et enfants – furent assassinés pendant la Shoah, génocide systématique conduit par l’État au moyen de centres de mise à mort, de fusillades de masse, de ghettos, de camps de concentration, du travail forcé, de la famine et des déportations. Les communautés juives de toute l’Europe occupée furent dévastées ou détruites.
Prisonniers de guerre soviétiques
Environ 3,3 millions de prisonniers de l’Armée rouge moururent en captivité allemande. Ils furent fusillés ou délibérément exposés à la famine, aux intempéries et aux maladies ; cette destruction intentionnelle de prisonniers de guerre constituait un crime de guerre planifié.
Civils polonais non juifs
Environ 1,8 million de civils polonais non juifs furent assassinés pendant l’occupation allemande, lors d’exécutions de masse et de pacifications de villages, ainsi que dans des camps de concentration et des prisons. La politique allemande visait délibérément les enseignants, les membres du clergé, les médecins, les universitaires et d’autres représentants des élites sociales et intellectuelles du pays.
Sinti et Roms
Au moins 250 000 Sinti et Roms furent assassinés dans des fusillades, lors de déportations, par le travail forcé et dans les camps ; certaines estimations historiques vont jusqu’à 500 000. Parmi les victimes figuraient les familles emprisonnées et tuées dans le prétendu camp familial d’Auschwitz-Birkenau.
Personnes handicapées
Environ 250 000 personnes handicapées ou placées en institution, dont au moins 10 000 enfants, furent assassinées dans le cadre de l’Aktion T4 et de ses prolongements. Le régime qualifia ce programme d’« euthanasie », mais il s’agissait d’une campagne d’assassinats visant des personnes déclarées « indignes de vivre ».
Prisonniers politiques et personnes qualifiées d’« asociales »
Des dizaines de milliers d’opposants politiques – notamment des communistes, des sociaux-démocrates et des syndicalistes – ainsi que des personnes stigmatisées par le régime comme « asociales » ou « criminels professionnels » furent emprisonnés, torturés et tués dans les camps de concentration et les prisons. Ces catégories nazies étaient des instruments de persécution, non des descriptions neutres des personnes visées.
Hommes homosexuels et bisexuels persécutés au titre du paragraphe 175
Des dizaines de milliers d’hommes furent condamnés au titre du paragraphe 175, et plusieurs milliers furent envoyés dans des camps de concentration, où nombre d’entre eux furent marqués du triangle rose. Des centaines, peut-être des milliers, furent assassinés ou moururent du travail forcé, de la faim, des sévices et des conditions de détention.
Témoins de Jéhovah
Des milliers de Témoins de Jéhovah furent emprisonnés pour avoir refusé le service militaire et de prêter serment d’allégeance au régime. Environ 1 700 furent exécutés ou moururent des suites de leur détention et des persécutions.
Poursuivre avec des collections centrées sur les victimes
Crimes allemands contre les Polonais
Un catalogue de 54 études fondées sur des sources examine la torture, les personnes brûlées vives et les violences contre les blessés, les enfants et les malades. Chaque article présente les notes, les divergences des sources et les limites des constatations.
United States Holocaust Memorial Museum
Ce musée et institut de recherche publie l’Encyclopédie de la Shoah et des collections consacrées à la Shoah et aux persécutions nazies. Les estimations résumées sur cette page reprennent celles de son article consacré à la documentation du nombre de victimes de la Shoah et des persécutions nazies ; il s’agit d’estimations scientifiques, non de totaux exacts.
Yad Vashem
Le Centre mondial de commémoration de la Shoah, à Jérusalem, conserve des témoignages, des documents et des photographies, et administre la Base de données centrale des noms des victimes de la Shoah.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau
Le musée-mémorial installé sur le site de l’ancien camp nazi allemand de concentration et d’extermination conserve des archives, des objets, des témoignages et des ressources de recherche relatifs aux victimes et au complexe concentrationnaire.
Institut historique juif
Cet institut de recherche varsovien conserve les Archives Ringelblum, archives clandestines constituées dans le ghetto de Varsovie, et donne accès à des sources sur la vie et la destruction des Juifs en Pologne occupée.
Maison de la Conférence de Wannsee
Ce mémorial et centre pédagogique occupe la villa où de hauts fonctionnaires coordonnèrent la déportation et le meurtre des Juifs d’Europe en janvier 1942. Ses ressources expliquent l’organisation bureaucratique du génocide.
Arolsen Archives
Ces archives internationales conservent une documentation considérable sur les victimes et les survivants des persécutions nazies et aident à retracer les parcours individuels dans les camps de concentration, le travail forcé et les déplacements forcés.