Méthodologie et politique des sources
Nazi Report est une archive à vocation pédagogique consacrée aux auteurs et aux institutions qui ont rendu possibles les persécutions, les violences d’occupation et les meurtres de masse. Son périmètre couvre l’appareil de l’Allemagne nazie dans le Reich, dans les territoires annexés ou occupés et dans les États alliés ; les territoires polonais occupés demeurent son principal champ de recherche. L’archive ne prétend pas à l’exhaustivité. Les sept cercles du projet décrivent la place d’une personne dans une chaîne d’autorité : décision suprême, coordination stratégique, conception d’un programme, pouvoir territorial, commandement opérationnel, administration rendant l’action possible et exécution locale. Ils ne classent ni les souffrances, ni la notoriété, ni le nombre de victimes.
Un profil n’est publié que si ses affirmations centrales reposent sur au moins deux sources indépendantes et fiables. Sont privilégiés les fonds d’archives, les dossiers judiciaires, les instituts de recherche, les musées-mémoriaux, les travaux évalués par les pairs et les institutions telles que l’Institut de la mémoire nationale, le United States Holocaust Memorial Museum, Yad Vashem et le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau. Une affirmation souvent reprise n’est pas tenue pour confirmée de façon indépendante si toutes ses occurrences remontent au même texte d’origine.
Chaque profil distingue les faits documentés de l’interprétation. La fonction d’une personne, sa période de service, son ressort géographique, ses ordres, ses actes administratifs et ses actes établis constituent la base factuelle. La section interprétative explique ensuite comment cette fonction reliait les décisions à leur mise en œuvre. Lorsqu’un service, une unité ou une autorité régionale a commis de nombreux crimes, le profil ne les attribue pas tous automatiquement à son chef.
La mise en cause après la guerre fait partie du mécanisme historique ; elle n’en est pas un épilogue. L’archive indique si une personne a fait l’objet d’une enquête, a été jugée, condamnée, acquittée, libérée ou n’a jamais comparu devant un tribunal. Elle distingue les allégations, les constatations de fait et les décisions définitives. Un acquittement, un classement sans suite ou l’abandon d’une enquête sont rapportés avec exactitude, sans en déduire que les persécutions sous-jacentes n’ont pas eu lieu.
Les incertitudes restent visibles. Les divergences de dates, les dossiers incomplets, les compétences contestées et les écarts entre les chefs d’accusation et les jugements sont signalés. Le projet refuse d’établir un classement à partir d’estimations du nombre de victimes. Les responsabilités peuvent se chevaucher entre direction politique, commandement policier, administration civile, transports, saisie des biens et exécution sur place ; additionner des chiffres à l’échelle des profils reviendrait à compter plusieurs fois de nombreuses victimes.
Principes de publication
- Fonction et pouvoir d’action plutôt que classement par nombre de victimes
- Au moins deux sources indépendantes et fiables pour chaque profil publié
- Distinction nette entre faits confirmés, interprétation et incertitudes
- Aucune attribution automatique à une personne de tous les crimes d’une unité ou d’une région
- Enquêtes et jugements d’après-guerre décrits dans leurs limites juridiques
- Portraits utilisés uniquement lorsque leur licence libre est confirmée
Hiérarchie des sources
Sources primaires et dossiers judiciaires
Les ordres, la correspondance, les archives administratives et policières, les rapports contemporains, les minutes de procès et les jugements constituent la base documentaire la plus directe d’une affirmation. Ils sont soumis à une lecture critique : le rapport rédigé par un auteur de crimes peut documenter une opération tout en minimisant, dissimulant ou dénombrant de manière inexacte ce qui s’est passé.
Instituts de recherche, archives et musées-mémoriaux
Les catalogues institutionnels, les encyclopédies, les publications scientifiques et les collections sont privilégiés pour établir les faits biographiques, reconstituer les structures d’occupation et retracer l’histoire des persécutions. Parmi les institutions prioritaires figurent l’Institut de la mémoire nationale, le United States Holocaust Memorial Museum, Yad Vashem, le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau et les Arolsen Archives.
Travaux scientifiques
Les articles évalués par les pairs, les monographies universitaires et les éditions critiques servent à interpréter les institutions, les compétences et les chaînes de commandement. Une source secondaire ne vaut pas confirmation indépendante lorsqu’elle se borne à reprendre une autre publication sans apporter de fondement probatoire distinct.
Corroboration et seuil de publication
Un profil n’est publié que si ses affirmations centrales sont étayées par au moins deux sources indépendantes et fiables. La concordance est vérifiée affirmation par affirmation : identité, fonction, dates, ressort géographique, actes documentés et issue d’après-guerre ne sont pas présumés présenter le même degré de certitude.
Lorsque les sources divergent, l’archive consigne le désaccord au lieu de retenir la version la plus spectaculaire. Un nom célèbre, un intitulé institutionnel ou une lacune commode dans un cercle ne suffisent jamais à justifier une publication.
Architecture des données
Un seul jeu de données canonique
Les données communes relatives aux personnes sont tenues dans site/data/figures.json. Des identifiants et des slugs stables relient noms, fonctions, organisations, dates, zones d’activité, catégories de responsabilité, issues d’après-guerre, sources et notes sur les incertitudes, sans faire d’une estimation isolée un indicateur de rang.
Fichiers dérivés générés
Les fichiers de site/data/records/, les cartes des cercles, les index de profils, les données de recherche, les données d’archive et les compteurs affichés sur les pages actives sont dérivés du jeu de données canonique. Le contenu éditorial localisé complète ces enregistrements communs ; il ne crée pas une liste parallèle de personnes.
Synchronisation et validation automatisées
scripts/generate-archive-index.mjs reconstruit les fichiers dérivés, tandis que scripts/validate-archive.mjs bloque la publication lorsque les décomptes, les cartes, les profils, les liens locaux, les identifiants ou les données du graphe divergent. Ainsi, un compteur visible périmé ou un profil manquant constitue une erreur de déploiement et non un simple détail éditorial.
Dossiers historiques de recherche
Les rapports des vagues de recherche antérieures conservent l’état de l’archive au moment de leur rédaction. Les nombres historiques qu’ils contiennent font toujours partie des archives du projet, mais sont exclus des contrôles portant sur les textes actuellement en production.
Sept cercles de responsabilité
Le champ « tier » classe une personne dans l’un des sept cercles fonctionnels : pouvoir décisionnel suprême, coordination stratégique, conception d’un programme, pouvoir territorial, commandement opérationnel, administration qui rend l’action possible, puis exécution locale et incitation. Les cercles expliquent la position, l’autorité et le pouvoir d’action ; ce ne sont ni des catégories juridiques, ni un classement des souffrances, ni une échelle de culpabilité.
Statut éditorial et révision
Faits confirmés
La fonction documentée, la période de service, le ressort géographique, les ordres, les actes administratifs et les actes établis constituent le noyau factuel d’un profil. Les affirmations ne dépassent pas ce que permettent les sources, et les totaux relatifs à une unité ou à une région ne sont pas automatiquement convertis en nombre de victimes attribué à une personne.
Synthèse interprétative
L’interprétation explique comment une personne reliait politique, administration, logistique, commandement ou exécution directe. Elle est signalée séparément des faits confirmés, afin qu’une reconstitution argumentée ne soit pas présentée comme une citation de source ou une constatation judiciaire.
Incertitudes et limites
Les divergences de dates, les dossiers incomplets, les compétences contestées, les sorts incertains et les écarts entre un acte d’accusation et un jugement restent visibles. Lorsque les éléments ne permettent pas d’étayer une conclusion, le profil énonce cette limite au lieu de combler la lacune par déduction.
Issue judiciaire après la guerre
L’ouverture d’une enquête, la mise en accusation, la condamnation, l’acquittement, la libération et l’absence de poursuites sont décrits comme des résultats distincts. Un acquittement ou l’interruption d’une procédure sont rapportés avec exactitude, mais ne valent pas preuve que les persécutions documentées ou le crime institutionnel plus large n’ont pas eu lieu.
Traduction anglaise alignée sur les sources
Ce statut indique que le texte anglais respecte la portée factuelle, les distinctions et les limites explicitement énoncées du profil canonique et des sources citées. Il ne signifie pas qu’une enquête distincte a été menée en langue anglaise et n’autorise pas l’ajout d’affirmations absentes du dossier aligné sur les sources.
Profil anglais relu par la rédaction
Ce statut désigne un profil anglais qui a également fait l’objet d’une relecture éditoriale individuelle portant sur sa conformité factuelle, sa terminologie et la séparation des preuves et de l’interprétation. Les deux statuts anglais conservent le même seuil de publication et les mêmes exigences en matière de sources.
Droits et licences
Documents du domaine public et sous licence libre
Les images ne peuvent être intégrées que lorsque leur statut juridique est explicite. Sont concernés les documents dont l’appartenance au domaine public est vérifiée, les fichiers du Bundesarchiv diffusés par Wikimedia Commons sous la licence indiquée, les documents des administrations fédérales des États-Unis relevant du domaine public et les pièces des collections de l’USHMM explicitement signalées « Public Domain ». Chaque élément conserve la mention d’attribution requise.
Documents soumis à des conditions de réutilisation particulières
Les textes provenant du Yale Avalon Project sont cités avec attribution. Les documents des Imperial War Museums ne sont utilisés que dans les limites de leur licence non commerciale et avec la mention de collection requise ; il convient de vérifier que la forme particulière de réutilisation est couverte par la licence.
Autorisation requise : liens externes uniquement
L’archive renvoie, par des liens, aux photographies et aux documents conservés par Yad Vashem et le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, au lieu de les reproduire sans autorisation. Les documents publiés par l’Institut de la mémoire nationale sont eux aussi utilisés uniquement selon les conditions indiquées et avec une attribution claire de la source.
Attribution, portraits et dignité
Tout élément intégré doit comporter une mention visible de sa source et de sa licence. Si la licence libre d’un portrait ne peut être confirmée, le profil utilise un monogramme ; en cas de doute sur l’autorisation, l’archive insère un lien plutôt qu’une copie.
L’archive ne publie pas d’images explicites de victimes. Les documents audiovisuels historiques qui en contiennent ne sont pas intégrés ; lorsque leur consultation est nécessaire, ils sont abordés au moyen d’une source externe clairement décrite, par respect pour les personnes représentées.