Édition française alignée sur les sources
Gustav Richter
Gustav Richter a exercé la fonction suivante : conseiller allemand aux affaires juives en Roumanie. Ce profil reconstruit sa place dans Roumanie à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- Richter fut affecté à Bucarest en avril 1941 comme attaché de police et conseiller envoyé par le service d’Eichmann.
- Il encouragea la législation antijuive, l’enregistrement, le marquage et l’expropriation, et négocia un projet de déportation des Juifs de Roumanie vers Bełżec.
- Une juridiction ouest-allemande de Frankenthal le condamna en 1982 à quatre ans de prison, en imputant sur cette peine sa détention antérieure en Union soviétique.
Place dans la chaîne de responsabilité
Richter servit de lien administratif et diplomatique entre le RSHA et le gouvernement Antonescu. Le projet de déportation qu’il défendait ne fut pas mis en œuvre ; l’intention, la préparation et les autres mesures de persécution doivent donc être distinguées des tueries effectivement commises sous des commandements roumains et allemands distincts.
Événements et mécanismes clés
- l’accord de principe conclu en juillet 1942 pour déporter les Juifs roumains vers Bełżec
- la préparation de mesures d’enregistrement des Juifs et de saisie de leurs biens en Roumanie
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Les forces soviétiques capturèrent Richter après le changement de camp de la Roumanie en août 1944, et une juridiction soviétique le condamna en 1951. Libéré et remis à l’Allemagne de l’Ouest en 1955, il n’y fut condamné qu’en 1982 ; il mourut libre en 1997.
Limites des preuves
Les sources évaluent à environ 272 000 à 300 000 le nombre de personnes visées par le projet de déportation. Comme ce projet fut arrêté en 1942, ce chiffre décrit une déportation envisagée et non un nombre personnel de victimes ; le rôle de Richter dans l’ensemble des persécutions menées en Roumanie recoupait également celui des autorités roumaines.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.