Édition française alignée sur les sources
Wolfgang Hoffmann
Wolfgang Hoffmann a exercé la fonction suivante : commandant de la 3e compagnie du 101e bataillon de réserve de police. Ce profil reconstruit sa place dans district de Lublin, Józefów Biłgorajski, Łomazy et Końskowola à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.
Éléments établis
- Il a commandé la 3e compagnie du 101e bataillon de réserve de police jusqu’en novembre 1942, période qui englobe les opérations menées par celle-ci durant la première phase des fusillades de masse et des liquidations de ghettos dans le district de Lublin.
- Pendant la réunion d’instructions à Józefów, le 13 juillet 1942, il s’est opposé à ce qu’un policier, qui s’était avancé, use de la possibilité offerte de ne pas participer à l’exécution ; le commandant du bataillon, Wilhelm Trapp, a coupé court à l’intervention de Hoffmann.
- À Józefów, il a ordonné à deux pelotons de sa compagnie d’encercler la localité et de tirer sur les personnes qui tenteraient de s’enfuir. Ce constat porte sur la mission qu’il leur a assignée, et non sur chaque coup de feu tiré par les policiers.
- Après l’annulation de la partie du jugement de 1968 qui le concernait, le tribunal régional de Hambourg l’a condamné de nouveau, le 24 avril 1972, à quatre ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de 800 personnes. La Cour fédérale de justice a confirmé la décision le 13 mars 1973.
Place dans la chaîne de responsabilité
Hoffmann illustre la responsabilité d’un commandant de compagnie dans le bouclage du lieu d’une opération, la fixation des règles d’emploi des armes et l’exercice de pressions sur les subordonnés. Le profil présente l’issue définitive obtenue après le contrôle exercé par la Cour fédérale de justice et le nouveau procès, au lieu de s’arrêter à la peine plus sévère prononcée en première instance.
Événements et mécanismes clés
- commandement de la 3e compagnie du 101e bataillon de réserve de police en 1942
- tentative d’empêcher un refus de participation et ordre d’encercler Józefów le 13 juillet 1942
- jugement du tribunal régional de Hambourg du 8 avril 1968, qui l’a condamné en première instance à huit ans d’emprisonnement
- décision de la Cour fédérale de justice du 7 avril 1970 annulant le jugement en tant qu’il concernait Hoffmann
- jugement rendu à l’issue du nouveau procès le 24 avril 1972 et confirmation par la Cour fédérale de justice le 13 mars 1973
Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.
Jugement et responsabilité après 1945
Après la guerre, il a servi dans la police de Hambourg ; il a été suspendu en janvier 1963 et arrêté en 1964. En 1968, il a été condamné à huit ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de 1 810 personnes, mais la partie du jugement qui le concernait a été annulée. À l’issue d’un nouveau procès, il a été condamné définitivement à quatre ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de 800 personnes ; il a été libéré le 16 mai 1975.
Limites des preuves
Les chiffres de 1 810 et de 800 décrivent respectivement le périmètre de l’imputation dans le premier jugement et dans le jugement définitif, et non le nombre total de victimes de la 3e compagnie. Les récits des témoins divergent sur certains détails de la réunion d’instructions et de la possibilité de refuser ; il ne faut pas non plus considérer que Hoffmann a personnellement commis chacun des actes accomplis par ses subordonnés.
Sources
Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.