Édition française alignée sur les sources

Friedrich Flick

condamné à 7 ans d’emprisonnement ; libéré par anticipation en 1950 1883–1972

Friedrich Flick a exercé la fonction suivante : propriétaire et principal dirigeant du groupe Flick, l’un des principaux complexes d’industrie lourde et d’armement du Reich. Ce profil reconstruit sa place dans Reich allemand, territoires occupés d’Europe et Haute-Silésie à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

Travail forcéExploitation économiqueSaisie de biensFinancement de la SS

Éléments établis

  • Il était le principal propriétaire et le principal décideur d’un groupe comprenant des mines, des aciéries et des usines d’armement ; pendant la guerre, les entreprises du groupe ont employé à très grande échelle des travailleurs étrangers, des prisonniers de guerre et des détenus de camps de concentration.
  • Lors du procès Flick, le tribunal l’a reconnu coupable pour des faits relatifs au travail forcé et à l’emploi de prisonniers de guerre, en relevant des cas où Flick et la direction du groupe avaient activement demandé des quotas de production accrus et des affectations de travailleurs, au lieu de se borner à accepter passivement la main-d’œuvre imposée par l’État.
  • En ce qui concerne les biens situés dans les territoires occupés, il a été condamné pour avoir illégalement maintenu sous son contrôle et exploité les usines françaises Rombach sans le consentement de leurs propriétaires ; le tribunal ne lui a toutefois pas imputé toutes les acquisitions alléguées à l’Est.
  • Il a également été reconnu coupable d’avoir sciemment apporté un soutien financier à la SS par l’intermédiaire du Cercle des amis du Reichsführer-SS, auquel le groupe versait des contributions régulières.

Place dans la chaîne de responsabilité

Ce profil met en évidence une chaîne d’action économique : les décisions prises en matière de propriété et de gestion ont permis d’obtenir de la main-d’œuvre forcée, d’exploiter des usines dans les territoires occupés et de financer la SS. Il n’impute pas automatiquement à Flick chacun des abus commis dans chaque usine ni la responsabilité des services de l’État qui affectaient les travailleurs.

Événements et mécanismes clés

  • expansion du groupe, devenu l’un des principaux producteurs du Reich dans l’industrie lourde et l’armement
  • emploi massif de travailleurs forcés et de prisonniers de guerre dans les entreprises du groupe de 1940 à 1945
  • exploitation des usines Rombach en Lorraine occupée de 1941 à 1944
  • procès des industriels à Nuremberg et jugement du 22 décembre 1947
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Lors du procès Flick, il a été reconnu coupable des premier, deuxième et quatrième chefs d’accusation et condamné à sept ans d’emprisonnement. Il a été libéré par anticipation en 1950. Par la suite, il a reconstitué le groupe en Allemagne de l’Ouest et est mort en 1972.

Limites des preuves

Le jugement n’a pas couvert l’ensemble des allégations : le chef d’accusation relatif aux acquisitions d’entreprises appartenant à des Juifs avant la guerre a été rejeté pour des motifs tenant à la compétence et aux éléments de preuve, tandis que la condamnation relative à l’exploitation de biens concernait spécifiquement les usines Rombach. L’acte d’accusation ne doit pas être assimilé au jugement, et il ne faut pas davantage imputer à Flick chacun des actes des directeurs d’usine. La tentative d’acquisition de la Bismarckhütte à Katowice occupée n’a pas abouti à la prise de contrôle de l’usine par le groupe Flick.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.