Édition française alignée sur les sources

Hermann Reinecke

condamné à la réclusion à perpétuité en 1948 ; libéré avant terme en octobre 1954 1888–1973

Hermann Reinecke a exercé la fonction suivante : chef de l’Allgemeines Wehrmachtamt au sein de l’OKW, chargé des directives centrales relatives aux prisonniers de guerre. Ce profil reconstruit sa place dans Reich allemand, Gouvernement général et Europe occupée à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

OKWPrisonniers de guerreGestapo et SDOrdre des commissaires

Éléments établis

  • De 1939 à 1945, il dirigea l’Allgemeines Wehrmachtamt ; l’appareil chargé des prisonniers de guerre qui en dépendait édictait des directives contraignantes à l’intention des camps situés dans le Reich, le Gouvernement général et d’autres territoires relevant de l’OKW.
  • En juin 1942, il signa un décret prévoyant l’« élimination » des commissaires et des officiers politiques détenus dans le Gouvernement général ; le tribunal constata qu’il avait sciemment participé à la mise en œuvre de l’ordre des commissaires à l’encontre des prisonniers de guerre.
  • Le jugement constata que Reinecke ne s’était pas contenté de transcrire les instructions de Keitel : il rédigeait des textes, signait des directives et inspectait les camps lui-même ou par l’intermédiaire de subordonnés, tout en ayant connaissance des mises à mort, des mauvaises conditions de détention et des mauvais traitements.
  • Il participa activement à la préparation et à la mise en œuvre du programme de sélection des prisonniers transférés à la Gestapo, à la Police de sûreté (Sipo) et au SD ; des documents portant sa signature confirmaient également qu’il connaissait le sort réservé aux personnes sélectionnées.
  • Il fut libéré avant terme de la prison de Landsberg en octobre 1954 et mourut en 1973.

Place dans la chaîne de responsabilité

Le cas de Reinecke éclaire le mécanisme central par lequel les formulaires administratifs, les inspections, les règlements des camps et les sélections reliaient l’OKW à la Gestapo et au SD. Le profil ne réduit pas sa responsabilité à sa subordination envers Keitel, mais la fonde sur le rôle propre de Reinecke dans la rédaction, la signature et la supervision des directives.

Événements et mécanismes clés

  • prise de la direction de l’Allgemeines Wehrmachtamt en 1939
  • édiction de directives répressives destinées aux camps de prisonniers de guerre en 1941–1944
  • signature du décret relatif aux commissaires et aux officiers politiques en juin 1942
  • condamnation à la réclusion à perpétuité en octobre 1948
  • libération anticipée en octobre 1954
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Lors du procès du Haut Commandement, il fut reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et condamné à la réclusion à perpétuité. Il fut libéré avant terme de la prison de Landsberg en octobre 1954 et mourut en 1973.

Limites des preuves

Le tribunal n’établit ni son lien avec la mise en œuvre de l’ordre sur les commandos ni sa responsabilité dans l’emploi forcé de civils comme main-d’œuvre. Il ne lui attribua pas non plus de participation au programme général de persécution et d’exécution des Juifs mené par les Einsatzgruppen. Le profil se limite aux constatations relatives au système des prisonniers de guerre, aux sélections, aux directives et à l’ordre des commissaires.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.