Édition française alignée sur les sources

Karl von Roques

condamné à 20 ans d’emprisonnement ; mort en 1949 alors qu’il purgeait sa peine 1880–1949

Karl von Roques a exercé la fonction suivante : commandant de la zone arrière du groupe d’armées Sud, puis de celle du groupe d’armées A. Ce profil reconstruit sa place dans Ukraine, Caucase et zone arrière du groupe d’armées Sud à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

WehrmachtOccupation militairePrisonniers de guerreExécutions

Éléments établis

  • De mars 1941 à juin 1942, il commanda la zone arrière du groupe d’armées Sud, puis, de juillet à décembre 1942, la zone arrière correspondante du groupe d’armées A.
  • Le tribunal constata que l’ordre des commissaires avait été largement mis en œuvre dans sa zone : des rapports d’exécutions parvenaient à son commandement et Roques ne prit aucune mesure permettant de mettre fin à cette pratique.
  • Le 1er octobre 1941, il transmit aux commandements de campagne un ordre prévoyant la prise et la pendaison d’otages, l’évacuation d’une bande le long de la voie ferrée et l’ouverture du feu sur les civils qui s’approcheraient.
  • Le jugement releva son soutien actif aux opérations du SD, le transfert de prisonniers de guerre à des services de sûreté et sa connaissance d’un rapport selon lequel plus de mille prisonniers étaient morts au cours d’une marche, victimes de tirs ou d’épuisement.

Place dans la chaîne de responsabilité

Roques représente l’administrateur militaire d’une vaste zone arrière, investi du pouvoir exécutif dans le territoire occupé et reliant les commandements, les unités de sécurité, la SS et le SD. Le profil fonde sa responsabilité sur les ordres transmis, les rapports reçus et la coopération, plutôt que sur son seul titre de commandant.

Événements et mécanismes clés

  • prise du commandement de la zone arrière du groupe d’armées Sud en mars 1941
  • transmission de l’ordre concernant les otages et la bande longeant la voie ferrée le 1er octobre 1941
  • réception du rapport de la 24e division d’infanterie sur la mort de prisonniers en octobre 1941
  • condamnation à vingt ans d’emprisonnement en octobre 1948
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Lors du procès du Haut Commandement, il fut reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et condamné à vingt ans d’emprisonnement. Il mourut de causes naturelles le 24 décembre 1949, alors qu’il purgeait sa peine, à l’hôpital municipal de Landsberg.

Limites des preuves

Bien que Roques eût transmis l’ordre du 1er octobre 1941, les pièces du procès n’établirent pas que des otages eussent été fusillés dans sa zone en application de cet ordre. Il ne fut pas non plus mis en accusation au titre de tous les chefs concernant le travail forcé et les civils. Le profil ne saurait lui imputer chaque crime de la SS ou du SD, ni ceux de l’ensemble des unités opérant dans la zone arrière.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.