Édition française alignée sur les sources

Ludolf-Hermann von Alvensleben

s’est enfui en Argentine et n’a jamais été jugé en personne 1901–1970

Ludolf-Hermann von Alvensleben a exercé la fonction suivante : commandant du Selbstschutz de Prusse-Occidentale, puis commandant régional de la SS et de la police. Ce profil reconstruit sa place dans Poméranie en Pologne occupée, Crimée et région septentrionale de la mer Noire à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

Crimes de guerreCrimes contre l’humanité

Éléments établis

  • Après l’invasion de la Pologne, Alvensleben commanda le Selbstschutz de Prusse-Occidentale, formation paramilitaire recrutée dans la population allemande locale et dirigée par des officiers de la SS.
  • Les unités placées sous ce commandement jouèrent un rôle central dans l’Intelligenzaktion Pommern et les fusillades de masse commises notamment à Piaśnica, dans la forêt de Szpęgawsk et dans la vallée de la Mort de Fordon.
  • Il exerça ensuite des commandements de la SS et de la police en Crimée et dans la région septentrionale de la mer Noire, avant de s’évader du lieu où il était interné après la guerre.

Place dans la chaîne de responsabilité

Alvensleben commanda et encouragea une formation régionale engagée dans le massacre systématique des élites polonaises et d’autres civils. Les totaux portant sur l’ensemble des crimes commis en Poméranie impliquent plusieurs unités et chaînes de commandement ; il faut donc les distinguer du minimum établi par la justice et du rôle de commandement d’Alvensleben.

Événements et mécanismes clés

  • l’Intelligenzaktion Pommern et les fusillades du Selbstschutz à l’automne 1939
  • les campagnes d’exécutions de masse à Piaśnica, dans la forêt de Szpęgawsk et dans la vallée de la Mort près de Bydgoszcz
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Alvensleben s’évada de son internement britannique et gagna l’Argentine en 1946, où il vécut sous le nom de Carlos Lücke et obtint la citoyenneté. Une juridiction polonaise le condamna à mort par contumace et une juridiction de Munich délivra un mandat d’arrêt en 1964, mais il ne fut jamais extradé et mourut en Argentine en 1970.

Limites des preuves

Les recherches polonaises corrigèrent une confusion avec un autre membre de la famille Alvensleben qui avait servi au Monténégro. Un mandat délivré à Munich faisait état de sa responsabilité dans au moins 4 247 meurtres, tandis que les estimations régionales plus élevées couvrent un ensemble plus vaste d’auteurs et de lieux.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.