Édition française alignée sur les sources

Robert Scholz

condamné par contumace en France à dix ans ; n’a jamais purgé la peine 1902–1981

Robert Scholz a exercé la fonction suivante : chef de l’état-major spécial des Beaux-Arts au sein de l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg et organisateur de la sélection et de l’échange d’œuvres d’art spoliées. Ce profil reconstruit sa place dans France, Belgique et Allemagne à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

Pillage de biens culturelsEinsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR)Biens juifs

Éléments établis

  • À partir de 1941, il dirigea l’état-major spécial des Beaux-Arts au sein de l’ERR et, à compter du printemps 1942, il exerça la direction scientifique du groupe de travail du Louvre.
  • Il contribua à mettre au point des méthodes de confiscation, de catalogage et de répartition des œuvres d’art en Europe occidentale et ordonna l’établissement de listes d’objets destinés à l’échange.
  • Après l’éviction de Kurt von Behr, Scholz contrôla personnellement les accords d’échange ; au moins 93 tableaux spoliés à des propriétaires juifs furent utilisés dans 28 échanges effectués entre 1941 et 1943.
  • Un tribunal militaire français le condamna par contumace en 1950 à dix ans d’emprisonnement et à une interdiction de séjour, mais il ne purgea jamais cette peine.

Place dans la chaîne de responsabilité

Scholz éclaire le maillon intermédiaire de la chaîne de spoliation : sélection par des experts, catalogage, décision sur la destination d’un objet et échange sur le marché de l’art. Le profil lui attribue les décisions et la supervision documentées, non l’ensemble des activités de l’ERR.

Événements et mécanismes clés

  • prise de la direction de l’état-major spécial des Beaux-Arts en 1941
  • prise de la direction scientifique du groupe de travail du Louvre au printemps 1942
  • contrôle des accords d’échange après l’éviction de Kurt von Behr
  • procès par contumace à Paris du 1er au 3 août 1950
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Il fit l’objet d’une enquête de l’Art Looting Investigation Unit américaine. En août 1950, un tribunal militaire français le condamna par contumace à dix ans d’emprisonnement et à une interdiction de séjour ; le jugement ne fut pas exécuté. Il mourut en 1981.

Limites des preuves

La base de données de l’INHA présente une divergence quant à sa date de naissance : son texte biographique et la Deutsche Digitale Bibliothek indiquent 1902, tandis qu’un champ de métadonnées de l’INHA indique 1909. Les preuves sont insuffisantes pour attribuer à Scholz l’incendie de certains objets en juillet 1943 ; la source elle-même ne présente cet élément que comme une hypothèse.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.