Édition française alignée sur les sources

Rolf-Heinz Höppner

condamné à la réclusion à perpétuité en 1949 ; libéré à la faveur d’une amnistie au début de 1957 1910–1998

Rolf-Heinz Höppner a exercé la fonction suivante : chef de fait de l’Office central de réinstallation de Poznań et chef de la section du SD dans le Wartheland. Ce profil reconstruit sa place dans Wartheland – territoires polonais annexés au Reich à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

Déplacements forcésWarthelandDéportations

Éléments établis

  • Le Musée d’Auschwitz identifie Höppner comme le chef de fait de l’Office central de réinstallation de Poznań, bien que l’inspecteur de la Police de sûreté et du SD Ernst Damzog en fût le supérieur officiel.
  • L’UWZ organisait l’expulsion des Polonais et des Juifs du Wartheland ainsi que l’installation d’Allemands de souche ; Höppner cumulait sa direction avec celle de la section régionale du SD et de l’office chargé des questions de nationalité.
  • Le 16 juillet 1941, il adressa à Eichmann une note rendant compte d’une réunion dans le Wartheland et proposant de tuer les Juifs inaptes au travail au moyen d’un « moyen à action rapide » ; ce document constituait sa propre communication, et non une décision autonome de créer Kulmhof.
  • Le tribunal régional de Poznań le condamna à la réclusion à perpétuité le 15 mars 1949 ; après une amnistie, il fut libéré au début de 1957 et retourna en Allemagne de l’Ouest.

Place dans la chaîne de responsabilité

Höppner relie déplacement forcé, sélection ethnique, confiscation et planification précoce du meurtre de masse au sein d’un même appareil régional. La note de juillet 1941 constitue une preuve solide de sa propre réflexion et de sa transmission au centre, mais ne permet pas de lui attribuer la responsabilité exclusive de la décision concernant la méthode ou le lieu d’extermination.

Événements et mécanismes clés

  • organisation de l’Office central de réinstallation de Poznań à partir de la fin de 1939
  • déportation de Polonais et de Juifs hors du Wartheland et installation d’Allemands de souche
  • note adressée à Eichmann le 16 juillet 1941
  • procès à Poznań en mars 1949 et libération à la faveur d’une amnistie en 1957
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Arrêté par les Britanniques en juillet 1945 et interrogé à Nuremberg, il fut extradé vers la Pologne le 25 février 1947. Le tribunal régional de Poznań le condamna à la réclusion à perpétuité le 15 mars 1949. Au début de 1957, il fut libéré à la faveur d’une amnistie et retourna en Allemagne de l’Ouest, où il mourut en 1998.

Limites des preuves

La note du 16 juillet 1941 résume des discussions entre plusieurs fonctionnaires et contient la proposition de Höppner ; elle ne prouve pas qu’il ait personnellement décidé de créer Kulmhof. Des récits secondaires confondent parfois son sort avec celui de Herbert Strickner et font état à tort d’une condamnation à mort ou d’une exécution. Le profil retient la réclusion à perpétuité et la libération sur le fondement d’une étude s’appuyant sur les dossiers du procès polonais.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.