Édition française alignée sur les sources

Paul Werner Hoppe

condamné définitivement en Allemagne de l’Ouest à 9 ans d’emprisonnement ; mort en 1974 1910–1974

Paul Werner Hoppe a exercé la fonction suivante : commandant du camp de concentration de Stutthof de septembre 1942 au printemps 1945. Ce profil reconstruit sa place dans Stutthof, Poméranie de Gdańsk et réseau de camps annexes de Stutthof à partir de fonctions, décisions, activités de supervision ou actes opérationnels documentés. Il n’attribue pas à une seule personne tous les crimes commis par une institution ou dans une région.

StutthofTravail forcéChambres à gazMarches de la mortShoah

Éléments établis

  • Du 1er septembre 1942 au printemps 1945, il a exercé les fonctions de commandant du camp de concentration de Stutthof et assumé la direction du camp et de son vaste réseau de lieux de travail forcé et de camps annexes.
  • Dans son jugement définitif de 1957, le tribunal régional de Bochum a constaté qu’après avoir reçu une directive de Richard Glücks, Hoppe avait convoqué le chef du camp de détention préventive, Theodor Meyer, et le médecin du camp, Otto Heidl, puis leur avait ordonné de gazer les détenus juifs qui n’étaient plus aptes au travail. Le tribunal n’a pas établi qu’il ait ensuite pressé ses subordonnés d’exécuter l’ordre ; Rudolf Höss a ultérieurement fourni des instructions techniques.
  • Le même jugement a constaté qu’il avait joué un rôle organisationnel important dans l’affectation de détenues juives aux travaux de fortification, au creusement de fossés antichars et au travail pour des entreprises. La responsabilité de ce mécanisme était partagée avec d’autres composantes de l’administration du camp.
  • Dans l’ordre d’évacuation n° 3 du 25 janvier 1945, il a ordonné de faire sortir la plupart des détenus en colonnes de marche et défini l’organisation de l’évacuation. Les préparatifs ne prévoyaient ni nourriture ni hébergement suffisants, et des gardiens ont tué les personnes qui ne pouvaient suivre le rythme ; les sources n’établissent pas que Hoppe ait personnellement tiré.
  • À l’issue d’un nouveau procès, le tribunal régional de Bochum l’a condamné le 4 juin 1957 à neuf ans d’emprisonnement pour complicité dans un fait unique de meurtre : le gazage de plusieurs centaines de détenus juifs à Stutthof.

Place dans la chaîne de responsabilité

Le nouveau socle probatoire justifie de réexaminer une candidature précédemment ajournée : il comprend un ordre précis de gazer des détenus, l’organisation du travail forcé et un ordre d’évacuation signé. Le profil n’assimile pas la fonction de commandant à l’exécution personnelle de chaque crime commis à Stutthof et distingue les mécanismes attestés par les sources historiques du périmètre beaucoup plus étroit de la condamnation définitive.

Événements et mécanismes clés

  • prise de fonctions comme commandant du camp de concentration de Stutthof le 1er septembre 1942
  • ordre donné à ses subordonnés de gazer les détenus juifs inaptes au travail en 1944
  • organisation du travail forcé des détenues sur les fortifications et pour des entreprises en 1944–1945
  • édiction de l’ordre d’évacuation n° 3 et début de l’évacuation à pied le 25 janvier 1945
  • premier jugement du tribunal régional de Bochum du 16 décembre 1955, annulation de celui-ci en 1956 et jugement définitif rendu à l’issue du nouveau procès le 4 juin 1957
Aucun classement par nombre de victimes

Le cercle décrit le niveau d’autorité, la fonction et la capacité d’action. Plusieurs profils peuvent documenter des maillons différents d’une même chaîne de persécution ; leurs chiffres ne doivent donc pas être additionnés.

Jugement et responsabilité après 1945

Après la guerre, il est entré dans la clandestinité et a été arrêté en 1953. Le tribunal régional de Bochum l’a condamné en 1955 à cinq ans et trois mois d’emprisonnement, mais la Cour fédérale de justice a annulé le jugement en novembre 1956. Lors du nouveau procès en 1957, Hoppe a été condamné à neuf ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de plusieurs centaines de détenus juifs dans la chambre à gaz. Il a été libéré avant d’avoir purgé l’intégralité des neuf années et est mort en 1974.

Limites des preuves

Le jugement définitif de 1957 portait sur l’ensemble criminel constitué par le gazage de plusieurs centaines de détenus, et non sur tout le fonctionnement du camp, son système de travail forcé ou la marche de la mort. Le tribunal a acquitté Hoppe d’accusations portant notamment sur quarante mises à mort par injection, dix mises à mort au moyen de chiens et des cas individuels de fusillade et de pendaison ; d’autres accusations relatives à des exécutions avaient été abandonnées avant le procès. Le moment auquel l’ordre de gazage a été donné et l’étendue de la supervision ultérieure de Hoppe n’ont pu être établis avec une précision absolue.

Sources

Le corpus réunit des sources institutionnelles, archivistiques, judiciaires ou scientifiques provenant d’au moins deux éditeurs indépendants.